FÉNELON – Les avantures de Télémaque. 1738.

FÉNELON

Les avantures de Télémaque, fils d’Ulysse.

Chez R. Dodsley. Londres, 1738.

2 000 €

Luxueuses reliures néo-classiques réalisées autour de 1790 par Bradel l’aîné « Successeur du Sr. Derome le jeune son oncle."

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FÉNELON – Les avantures de Télémaque, fils d’Ulysse. Chez R. Dodsley. Londres, 1738.

2 volumes in-8 (18,8 x 12,2 cm), xl-301 pp. & (1) f., 294 pp., reliés. Maroquin vieux-rouge, dos lisse orné. Reliure d’époque. Petite marque de décoloration sur le premier plat du tome I, parfait état par ailleurs.

Édition joliment imprimée sur papier hollande par le libraire anglais Robert Dodsley. Elle est illustrée d’un portrait, d’un frontispice et de vingt-quatre gravures hors texte par Scottin, Picart, Debrie et Dubourg qui sont des réductions des figures de l’édition in-folio de 1734.

Luxueuses reliures néo-classiques réalisées autour de 1790 par Bradel l’aîné « Successeur du Sr. Derome le jeune son oncle. », avec son étiquette collée sur la garde du premier volume. Le choix du cuir au grain fin et à la teinte subtile, l’élégance et la simplicité du décor associés à une exécution parfaite, permettent – à mon sens - de classer ces volumes parmi les plus belles réalisations de ce maître.  

Charles Nodier avait dans sa collection un exemplaire de cette édition, lui aussi relié par Bradel-Derome.

Dans sa Description raisonnée d’une jolie collection de livres (page 320), Nodier évoque l’édition du Télémaque de Dodsley en des termes élogieux :

« Bel exemplaire d’une édition peu commune dont nous affectons de parler avec beaucoup de dédain, depuis que nous avons bien voulu accorder aussi au Télémaque des éditions de luxe. Nos bibliographies, nos catalogues et les réclames de nos journaux font foi qu’il n’y a rien à comparer en perfection à ces grandes éditions d’un format incommode à la main et impossible à la poche, imprimés sur un papier de carton hygrométrique et spongieux, et décorés du dixième ou douzième tirage de quelques images froides et maussades. C’est notre non plus ultrà, notre to kalon, ce que tous les arts, ne surpasserons jamais. J’y consens de tout mon cœur, car pourvu qu’on me permette de m’en tenir à ce que ce pauvre Télémaque de Dodsley, dont le papier est ferme, élastique, sonore ; dont les caractères sont nets et se détachent en bonne encre sur un fond ami de l’œil ; dont les estampes, réduites au format du livre dans une proportion bien entendue, par un burin vigoureux, rappellent les bonnes figures des éditions de Hollande, c’est-à-dire, du pays du monde où l’on a le mieux réussi, selon moi, à illustrer les livres.  Il faut convenir en passant que le superbe papier de cette édition est fort sujet à des altérations très graves, et particulièrement à la rouille, et je suis porté à croire que c’est la véritable cause de son discrédit très réel. Mon exemplaire est tout à fait exempt de ce défaut, mais sa fastueuse reliure est moins irréprochable aux yeux des amateurs exigeants, quoi qu’elle puisse passer pour un des chefs-d’œuvre de Bradel. C’est à Bradel que commence, en reliure, cette effroyable époque de décadence universelle dont l’histoire se souviendra sous quelques autres rapports, 1789. »

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