CHERTABLON (de) – [DE HOOGH (Romayn) attr.] - La manière de se bien préparer à la mort. 1700.

CHERTABLON (de) – [DE HOOGH (Romayn) attr.]

La manière de se bien préparer à la mort.

George Gallet, Anvers, 1700.

Première édition française de cet ars moriendi illustrée d’après les compositions de Romeyn de Hooghe.

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CHERTABLON (de) – [DE HOOGH (Romayn) attr.] - La manière de se bien préparer à la mort. George Gallet, Anvers, 1700.

In-4 (24,4 x 18,6 cm), 63-(1) pp., relié. Veau marbré et glacé, dos à nerfs orné, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges. Reliure de l’époque. Légère usure d’un coin en tête, restauration d’une découpe d’ex-libris en tête du titre. Très bel état.

Première édition française de cet ars moriendi illustrée d’après les compositions de Romeyn de Hooghe. 

Les 42 planches non-signées longtemps attribuées à Romeyn de Hooghe sont en réalité des copies réalisées d’après la série d’estampes que l’artiste néerlandais réalisa pour un autre ars moriendi : le Miroir de la bonne mort (1646) du père David de La Viña (c. 1614-1684).

La Manière de se bien préparer à la mort est souvent présentée comme une version française du Miroir de la bonne mort de La Viña, publié en 1646. Pourtant, une comparaison attentive met en évidence des différences notables entre les deux ouvrages. La présente édition comprend en effet une longue préface consacrée aux causes de la mort et aux raisons de la redouter, ainsi que d’importants commentaires accompagnant chaque scène illustrée, éléments absents du texte de La Viña. Par ailleurs, une version espagnole intitulée El Espejo de la Muerte paraît la même année chez le même éditeur, elle est cependant attribuée à un autre auteur, Carlos Bundeto. Il est dès lors plausible que Chertablon et Bundeto, tous deux présentés comme licenciés en théologie, soient des figures fictives inventées par l’éditeur anversois afin de conférer davantage d’autorité à l’ouvrage et d’en favoriser la diffusion sur les marchés français et espagnol.

La vogue des ouvrages sur l’ars moriendi débute au bas Moyen-Âge à la suite des épidémies de peste. Fondée sur la morale chrétienne, cette littérature explique aux laïcs la manière de bien mourir en regard du combat final de l’âme entre anges et démons. Les gravures qui illustrent La manière de se bien préparer à la mort représentent ainsi des scènes d’agonie : le mourant, alité, y est interpellé par un ange qui lui rappelle des épisodes de la Passion du Christ, érigés en exempla et destinés à le guider dans ses derniers instants.

Bel exemplaire. Les gravures sont d’un beau tirage contrasté.

Références :

  • Cohen-DeRicci, 232.
  • Brunet, I, 1834.
  • Delhez, « David de La Vigne (ca 1614-1684) », 2017.

 

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