CARCO (Francis) - Quelques-unes. 1931.

CARCO (Francis)

Quelques-unes.

Paris, 1931.

Superbe ouvrage magnifié par une reliure avant-gardiste signée Geneviève de Léotard datée de 1932.

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CARCO (Francis) - Quelques-unes. Paris, 1931.

In-4 (28 x 22,5 cm), (4) ff., 114 pp., (3) ff., relié. Plein maroquin vert, dos lisse, titre doré et à froid, décor du dos dans le prolongement des plats de style Art déco ornés de deux de bandes mosaïquées en maroquin rose et vert sapin sur le plat supérieur ainsi que de bandes et filets à froid et d’un filet doré se prolongeant sur le dos et le plat inférieur, tranches dorées sur témoins. Contreplats joliment ornés par la prolongation des motifs des plats en encadrement, premières gardes de soie moirée rose, papier à la cuve aux couleurs de la reliure en double garde. Chemise et étui. Reliure signée Geneviève de Léotard.

Francis Carco, figure du Paris Bohème à la Belle Époque, s’attache à dépeindre dans ses oeuvres, comme Jésus-la-Caille ou L’homme traqué, les « bas-fonds » qu’il côtoie, mettant en scène marginaux et désabusés. Il dresse dans Quelques-Unes, des portraits de femme dites de « petites vertus ». L’auteur pénètre ainsi l’intimité de Faustine, Fanny, Fabienne, que le narrateur côtoie. Ancienne modèle à la jeunesse envolée, trapéziste du milieu de la nuit ou femme aux amours saphiques, c’est tout un éventail de portraits féminins auxquels l’auteur dédie quelques lignes en prose ou en vers.

Envoi de Carco sur le faux-titre : « À André Givaudan en le remerciant d’avoir si somptueusement pris soin de Quelques-Unes, avec ma bien vive sympathie. F. Carco. »

André Givaudan (1895-1973), fils de l’industriel et bibliophile Xavier Givaudan, constitua une importante collection d’ouvrages, essentiellement de littérature, et participa à des sociétés de bibliophilie. Son oncle, Léon Givaudan, fut également un grand bibliophile dont l’intérêt se porta essentiellement sur les reliures art déco des grands relieurs contemporains. Il est touchant de noter dans l’envoi, l’écho fait au soin apporté à la reliure.

Tiré à 130 exemplaires sur vélin d’Arches.

Édition illustrée par Louis Legrand (1863-1951) de 46 pointes-sèches dont 14 hors-textes. Les danseuses furent une grande source d’inspiration dans son travail. Il les croquait durant leurs entraînements mais aussi lors de ses sorties nocturnes. Cette attention au corps apparaît dans l’illustration de Quelques-unes, à travers le modelé des corps, ici mis en valeur par la technique de la pointe sèche. Il donne à ces garçonnes des poses sensuelles, parfois provocatrices en les mettant en scène nues dans une chambre, se remaquillant ou fumant à la terrasse des cafés, cheveux courts et parfois coiffées du chapeau cloche qui les caractérise.  

Superbe ouvrage magnifié par une reliure avant-gardiste signée Geneviève de Léotard datée de 1932. Cette dernière, selon les mots d’Yves Peyré est la seule relieuse à « rivaliser en élégance avec Rose Adler ». Élève de Pierre Legrain, grande figure de la reliure art déco, Geneviève de Léotard restitue ici l’héritage de son enseignement, à travers la parfaite exécution de sa réalisation et par la modernité de sa proposition. Julien Fléty indiquera que « ses reliures bien construites, d’un décor très pur, aux tonalités harmonieuses, sont d’une originalité raisonnée qui [lui] permirent […] de figurer toujours aux premières places des expositions auxquelles elle participa. »  

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